Une campagne pour acheter, de façon solidaire, des kilomètres pour les voyages des familles

Etxerat

Des ami.e.s des prisonnier.e.s et de leurs familles ont présenté hier la deuxième partie de la dynamique “Nous avons besoin d’argent pour l’essence”. 

ETXERAT (01-10-2020). Des personnes solidaires avec les prisonnier.e.s basques et leurs familles ont, au côté d’une délégation de ces proches, présenté hier à la station essence Bideko Araba de Langraitz de Oka un elkarfunding solidaire avec les familles. Jon Ander Resa et la fille d’un prisonnier politique basque, Xochitl Karasatorre, ont pris la parole.

Intervention de Jon Ander Resa:

Nous présentons publiquement un “elkarfunding” (campagne de cofinancement) qui démarre aujourd’hui et qui consiste à acheter de façon solidaire certains des 14.617.304 kilomètres que les proches de prisonnier.e.s basques doivent parcourir chaque année pour pouvoir réaliser des visites.

En juin dernier, nous avions activé la dynamique Nous avons besoin d’argent pour l’essence dans le but d’attirer l’attention sur la façon dont le Covid-19 affecte durement les personnes se trouvant dans les situations les plus exposées, parmi lesquelles les prisonnier.e.s et leurs proches, une charge énorme ajoutée au fait qu’ils continuent de subir la dispersion et l’éloignement. Nous avions surtout proposé d’aider financièrement les familles pour tenter d’alléger, dans une certaine mesure, cette dure réalité.

Nous ne pouvons que saluer et applaudir la solidarité reçue cet été, beaucoup de personnes ayant participé aux initiatives dans les quartiers et les villages et/ou ayant fait des dons individuels.

Aujourd’hui nous faisons ce nouveau pas. Nous proposons trois options pour participer à cet elkarfunding.

1. Acheter 130 kilomètres pour 10 € (avec un sac en cadeau)

2. Acheter 190 kilomètres pour 15 € (avec un tee-shirt en cadeau)

3. Acheter 260 kilomètres pour 20 € (avec un sac + un tee-shirt + un porte-clés en cadeau).

À partir d’aujourd’hui, toute personne qui le souhaite pourra participer en achetant des kilomètres. Un reçu lui sera délivré, puis elle recevra rapidement le cadeau correspondant à cet achat.

De plus, sur notre site https://www.depositoakbete.eus/, nous avons mis un lien vers la boutique de matériel en ligne https://serigrafia.eus/shop/etxerat/eu/ où on peut acheter différents objets solidaires (en euskara et castillan).

Nous souhaitons remercier par avance pour leur engagement toutes les personnes solidaires qui vont participer à cet  elkarfunding“.

Intervention de Xochitl Karasatorre:

Comme nous l’avions dit il y a trois mois à Donostia dans la présentation de cette dynamique, le seul transfert que nous pouvons accepter pour les prisonnier.e.s basques est celui qui aura lieu vers des prisons du Pays Basque, après plus de trois décennies de charge écrasante pour les familles de ces prisonnier.e.s et 16 victimes mortelles.

Quand nous avions fait ces déclarations à Donostia, nous venions de passer une période de 100 jours sans visites, trois longs mois d’absence dans la peur et l’incertitude liées à une pandémie qui nous a conduits à une situation chaotique, plus encore dans les prisons et par conséquent pour les familles de ces prisonnier.e.s. Aujourd’hui, dans plus de 30 des 44 prisons de l’État espagnol où se trouvent des prisonnier.e.s politiques basques, les visites en vis-à-vis sont toujours suspendues.

À l’intérieur, nos proches prisonnier.e.s sont plus isolé.e.s que jamais. À l’extérieur, des enfants n’ont pas pu voir leurs parents depuis le mois de février ; des personnes d’âge avancé ne peuvent plus affronter ces nouveaux obstacles, l’insécurité, la tension.

Personne n’a été libéré en raison de la pandémie ; ni les 17 prisonniers gravement malades, ni les 14 prisonniers âgés de plus de 65 ans, ni les prisonnières enceintes ou qui se trouvent avec leur enfant en prison.

Nous soulignons l’importance de cet “elkarfunding” solidaire. Il montre que nous ne sommes pas seul.e.s face à la difficulté de maintenir le lien familial et affectif avec les prisonnier.e.s dans ces conditions. Et nous répétons qu’il est urgent que les États répondent une fois pour toutes à la demande d’une très large majorité de la société en désactivant l’éloignement.

Il est urgent de rapprocher tous les prisonnier.e.s basques au Pays Basque et de libérer tous ceux qui ont droit à la conditionnelle, notamment ceux qui peuvent accéder au 3ème degré, tous ceux qui sont malades et tous ceux qui ont plus de 65 ans.

Depositoak bete elkartasun! Remplissons les réservoirs de solidarité.

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