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Nous demandons à la société basque, aux institutions de la CAB et de Navarre et au Gouvernement espagnol de ne pas laisser ce lobby immobiliste bloquer la fin de la dispersion et le parcours juridique de nos proches incarcéré.e.s

Etxerat

ETXERAT (19-11-2020).

Chiffres et distances

221 prisonnier.e.s du Collectif des Prisonnier.e.s Politiques Basques (19-11-2020)

• Seulement 17 dans des prisons du Pays Basque (3 prisonniers à domicile)

173 dans 40 prisons de l’État espagnol (sans compter les 17 qui sont au Pays Basque)

31 dans 7 prisons de l’État français

Sur les 173 prisonnier.e.s de l’État espagnol, 49% se trouvent à des distances comprises entre 600 et 1.100 km; 19% entre 400 et 590 km; 32% à moins de 390 km.

20% des prisonnier.e.s de l’État français se trouvent à des distances comprises entre 600 et 1.100 km. 80% sont incarcérés dans les prisons les plus proches du Pays Basque (Lannemezan à 330 km et Mont-de-Marsan à 260 km).

Situation juridique

75% de nos proches incarcérés sont en train de parcourir la voie légale pénitentiaire. Pourtant...

Dans l’État français, 3 prisonniers ont toujours le statut de DPS. 4 sont condamnés à la perpétuité.

Dans l’État espagnol :

1 prisonnier en isolement à Soto del Real

129 au régime du premier degré avec pour 48 d’entre eux l’assouplissement prévu par l’article 100.2 du règlement pénitentiaire espagnol

53 au régime du deuxième degré, dont 2 en prison atténuée

8 au premier degré

Santé des prisonniers

6 prisonniers de plus de 70 ans à la fin de l’année 2020. 37 autres prisonniers auront plus de 60 ans à la fin de cette année.

49 prisonniers sont incarcérés depuis plus de 20 ans, 11 d’entre eux depuis plus de 25 ans.

18 d’entre eux sont atteints de maladies graves et incurables (4 anonymes). Ibon Fernandez Iradi, qui est atteint de sclérose en plaques, a été testé positif au Covid-19 et est actuellement isolé.

• Le prisonnier politique basque Gotzon Telleria Ugarte, âgé de 64 ans et prisonnier depuis 2017 au centre pénitentiaire Madrid VII-Estremera, vient de rejoindre la liste des prisonniers gravement malades.

Familles

89 enfants mineurs sont obligés de parcourir des centaines de kilomètres pour pouvoir voir un de leurs parents ou les deux.

Le nombre de proches de prisonniers qui ne peuvent plus voyager et qui ne peuvent donc plus voir leurs enfants augmente de façon exponentielle.

Covid: cela fait déjà 9 mois que les communications sont restreintes ou suspendues. À l’incertitude et à l’impuissance, il faut ajouter les quelques procédures qui ont été ouvertes contre des personnes car elle voyageait vers les prisons.

Transferts-Rapprochements

Depuis septembre 2018, les autorités espagnoles ont transféré 74 prisonnier.e.s politiques basques vers des prisons moins éloignées. 16 autres transferts sont annoncés.

15 ont été rapprochés dans des prisons du Pays Basque dont 4 ont été libérés depuis.

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La pression que la politique pénitentiaire exerce sur les prisonnier.e.s basques et leurs familles a légèrement baissé, mais c’est loin d’être suffisant. Des centaines de personnes, 200 familles, continuent de subir les conséquences de l’éloignement. Le changement réalisé jusqu’à maintenant ne répond pas à la demande de la société basque, ni au nouveau cycle politique, ni à ses expectatives sur un nouveau scénario.

Pourquoi ne sont-ils pas tous transférés à Zaballa? Pourquoi à Estremera? Pourquoi 127 prisonniers de l’État espagnol sont-ils toujours au régime du premier degré, le plus restrictif et qui bloque l’avancée dans la voie juridique dans une perspective de libération? Pourquoi les prisonniers âgés de plus de 65 ans, les 18 prisonniers gravement malades et les femmes enceintes ou qui se trouvent avec leurs enfants en prison ne sont-ils pas libérés, a fortiori en cette période de pandémie ?

Nos proches prisonniers devraient se trouver dans des prisons du Pays Basque depuis des années déjà, selon la législation pénitentiaire. Sans conditions. Or, le changement de politique pénitentiaire n’a lieu que maintenant, lentement et de façon graduelle. Certains cherchent pourtant à poser des conditions à ce changement.

Différents secteurs tentent de légiférer-influer sur les centres de décision de l’État espagnol, bien en dehors de leur domaine de compétence; des secteurs qui sont opposés à l’avancée vers le vivre-ensemble et qui préfèrent maintenir la confrontation; qui s’emploient à entraver le changement de politique pénitentiaire.

Nous savons tous de qui nous parlons, ces différents secteurs qui forment un lobby dans l’objectif de bloquer toute avancée par tous les moyens.

Nous souhaitons nous adresser aujourd’hui à la société basque, aux acteurs politiques et syndicaux, aux institutions basques et navarraises ainsi qu’au Gouvernement espagnol pour leur demander de ne pas céder et de ne pas laisser ce lobby immobiliste bloquer la fin de la dispersion et de l’éloignement et empêcher nos parents et amis prisonniers de, comme ils l’ont décidé, réaliser le parcours juridique et pénitentiaire auquel ils ont droit. Ce ne sont pas des cadeaux faits à nos proches, ils ont le droit d’être ramenés dans des prisons du Pays Basque et de pouvoir parcourir la voie juridique et pénitentiaire ordinaire.

Nous les voulons vivant.e.s et à la maison!

 

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